GIEC - rapport - adaptation
Comment réagir aux risques de catastrophes et de phénomènes météorologiques extrêmes et comment promouvoir l’adaptation
(IPCC SREX rapport du 19/11/2011)
Le 19 novembre 2011 le GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) a publié un rapport spécial concernant les réactions aux phénomènes météo extrêmes et aux catastrophes ainsi que les moyens d’accélérer les mesures d’adaptation.
Nous nous focalisons sur ce que le rapport dit à propos du cycle de l’eau.
Qu’est-ce qu’on constate dès aujourd’hui?
Une analyse des observations depuis 1950 montre avec un degré de confiance de plus de 66% une plus grande fréquence de précipitations plus intenses et de tempêtes provoquant des inondations dans la plupart des régions du monde. Avec un degré de confiance un peu moindre on pose que dans le Sud de l’Europe et en Afrique Occidentale il y a eu de plus nombreuses et de plus longues périodes de sécheresse. En même temps on peut affirmer avec un grand degré de confiance qu’il y a eu plus fréquemment de grandes marées à plus fort coefficient, ceci étant lié à l’élévation du niveau de la mer.
Combien cela a-t-il déjà coûté?
Des estimations des dommages directs additionnés s’élèvent jusqu’à 200 milliards de dollars, avec comme point culminant l’année 2005 et l’ouragan Katrina. Il s’agit ici de dommages directs aux infrastructures; les pertes en vies humaines et les dégâts aux écosystèmes ne sont pas inclus. Les auteurs déclarent que 95% des pertes en vies humaines pendant la période 1779-2004 se sont produites dans les pays en voie de développement. Les dégâts matériels s’élevèrent de 0,3% à 1% du PNB respectivement dans les pays moyennement développés et les moins développés; dans les pays développés c’était 0,1% du PNB. Ce rapport au PNB, mais surtout le nombre de victimes prouve que le Sud a déjà été beaucoup plus touché par les changements climatiques que le Nord.
Qu’est-ce qui nous attend au 21e siècle?
Qu’il soit sûr à 99% qu’il fera encore plus chaud et qu’il y aura plus de vagues de chaleur, ce n’est pas nouveau. Il est probable à plus de 66% qu’il y aura de plus fortes précipitations et qu’elles seront plus intenses. Cela sera surtout le cas aux plus hautes latitudes et dans les régions tropicales, mais en hiver aussi aux environs des moyennes latitudes dans l’hémisphère Nord (chez nous donc). Souvent les précipitations plus intenses seront accompagnées de vents violents: tempêtes et cyclones. On prévoit par exemple que les précipitations maximales par jour, se produisant maintenant une fois tous les 20 ans, se réduiront à tous les 5 à 15 ans vers la fin du 21e siècle. Avec une probabilité de plus de 50% on prévoit que les périodes de sécheresse s’intensifieront encore, surtout par une évapotranspiration augmentée. Et on peut affirmer avec une très forte probabilité (>99%) que les côtes auront plus à souffrir de l’érosion et d’inondations à cause d’une combinaison de l’élévation du niveau de la mer et de l’accroissement du vent.
Que doit-on faire?
Il est urgent de prendre plus de mesures à moindre regret (« low-regret ») pour réduire l’exposition et la vulnérabilité des populations défavorisées par rapport aux incidences des changements climatiques et en même temps pour augmenter leur résilience. Voici quelques exemples de ces mesures: systèmes d’alerte précoce, communication de crise fiable entre décideurs et citoyens, gestion durable des terres, des sols et de l’eau, gestion et réhabilitation des écosystèmes. D’autres exemples: une meilleure surveillance de la santé de la population, un approvisionnement en eau, une évacuation des eaux et un assainissement améliorés, l’adaptation des infrastructures aux changements climatiques, des normes de construction plus strictes, une meilleure formation et une conscientisation de la population. Bref, ce sont tous des exemples d’adaptation. Une approche réussie combinera les interventions dures et moins dures à long terme, celles qui contribuent à l’augmentation de la résilience et des ressources sociales de la population. Et aussi à une meilleure utilisation des connaissances locales; les “community based adaptation” ou mesures d’adaptation basées sur les connaissances acquises (antérieurement) par la population et à les propager plus rapidement dans d’autres pays/régions.
Source http://www.ipcc.ch/



